Histoire de mon Village

Charmante petite commune de 670 habitants située à l'ouest du canton de Méru, connue jadis sous le nom de plaine dorée, en raison de sa fertilité. La Troesne grossie d'un ruisseau qui prend sa source près de l'Eglise, forme la limite du côté de Monts. Le village est disposé le long de l'ancienne route de Gisors à Beaumont sur Oise; c'est ce qu'on appelait autrefois "Ivry la Commanderie", quelques maisons groupées autour de l'Eglise et au sud de la grande rue, formaient Ivry le Temple. De 1825 à 1832 la commune de Monts avait été réunie à celle d'Ivry. Les templiers eurent à Ivry une communauté à laquelle une chapelle fut dédiée. Après la suppression de l'ordre, cet établissement devint une commanderie de l'ordre de Malte. La ferme du moulin se trouve à l'ouest d'Ivry sur le ru de Pouilly. Plus proche du village, il y a la ferme du Puisard.

Le terroir du village d'Ivry-le-Temple, forme une riche plaine de cette excellente terre du Vexin appelée "le limon des plateaux". Il était certainement déboisé à l'époque gauloise par les Véliocassis. Il est bordé au sud par la Troesne qui arrose d'excellentes prairies. Ce village est donc un des plus riches du Vexin.

 Il était appelé dans l'Antiquité : Euriacum ou Iriacum, ce qui voulait dire "lieu beau et riche" Placé au carrefour de deux voies romaines, la chaussée Brunehaut qui reliait Orléans à Amiens et une chaussée venant de Cléry qui passait au Bellay, a la Villetertre et à Marquemont. Il y eut certainement dans cette agglomération, un centre administratif gallo-romain dépendant du civitate Pagi de Gisors. Il y avait dans ce lieu une tuilerie gallo-romaine, on trouve encore sur son emplacement des débris de "tégulas".

Au début du 13ème siècle, les Templiers s'installèrent à Ivry, d'où le nom de Ivry le Temple.

Le moyen-âge

En plus de l'agglomération principale, on trouve dans le terroir du village, la ferme de Tuigny et le hameau de Moulins, anciens viculus où vivaient autrefois plusieurs dizaines de personnes. ce sont aujourd'hui des écarts habités par quelques habitants seulement.

 Les attestations des sires d'Ivry sont nombreuses dans les cartulaires des abbayes de Saint-Martin, du Val et de Saint-Victor, mais comme il y avait deux villages qui portaient ce nom, l'un est devenu Ivry-la-Bataille et l'autre Ivry-le-Temple. Il est parfois impossible de savoir à laquelle de ces deux localités ces noms correspondent.

 Cependant, par le déroulement de l'histoire, on peut être fixé par certains faits. En 1152, Louis VII fit attaquer la forteresse de Neufmarché et Girard de Vallangoujard fut mortellement blessé dans cette affaire. L'acte qui contient son inhumation est testé par Drognon d'Ivry qui ne peut être que le seigneur d'Ivry-le-Temple, car à cette époque, les seigneurs d'Ivry-la-Bataille s'étaient mis au service du Roy d'Angleterre. Cet acte est également testé par Hugo de Treigny.

 En 1207 Simon de Treigny à testé l'achat de la dîme d'Amblainville par l'abbaye de Saint-Victor à Girard II de Valangoujard.

 En 1210, Eudes de Treigny se déclare vassal de Jehan de Gisors pour une partie du fief de Treigny.

 En 1211 Jehan de Chavençon vend les décimes de Noisement près d'Amblainville à l'abbaye de Saint-Victor, vente testé par Simon Fabert, d'Ivry-le-Temple. Simon de Treigny se déclare "pleige" de cette vente.

 En 1292, Renaud d'Ivry à pour frère Simon dit l'Ashe qui vend à Jehan, prêtre de la chapelle Saint-Laurent du Nouveau Lieu (Monneville), la dîme de Joyel, terre située entre Treigny et Haillancourt (Heulecourt).

 C'est certainement au début du treizième siècle que les Templiers s'installèrent à Ivry-le-Temple. Nous n'avons comme nom des Commandeurs du Temple d'Ivry que celui d'Amaury de la Roche qui devint plus tard un des grands de l'association, et comme titres d'une vente des décimes et des droits seigneuriaux du Heaulme en 1230, par des héritiers de Pierre de Ruel à cette établissement, et une donation d'Ansoula de Balincourt et de sa femme, Sedille de Thouritte, des décimes de Saint-Jean du Rhus et de la chapelle Saint-Caprois de Berval.

 En 1308, les Templiers furent suprimés par Philippe le Bel. Leur procés dura quatre ou cinq ans. La commanderie d'Ivry-le-Temple devint la propriété des religieux de l'Hôpital ou "Hospitaliers" qui furent appelés plus tard les chevaliers de Saint-Jean de Rhodes, puis quand cette ile tomba au pouvoir des Tures, les chevaliers de Malte.

 Nous avons plusieurs noms de ces nouveaux Commandeurs de Commanderie d'Ivry dans les actes
suivants :

 - Un bail de Jehan Berterand, Commandeur en 1356, à Jehan de Monts, laboureur à La Villeneuve-de-Roy.

 - Un acte daté du 19 février 1372, testé par Frère Jehan du Bois, Commandeur.

 - Un bail en métayage de Frère Jehan du Jardin, Commandeur d'Ivry et de la Landelle, daté du 20 juillet 1375, et consenti à Pierre la Blanc et Peronelle, sa femme.

 - Un acte testé en 1384 par Robert de Juilly, ou de Neuilly, Commandeur d'Ivry.

 Mais nous ne connaissons pas la date d'un échange de la dîme de Saint-Caprais de Berval contre une dîme d'Ivry-le-Temple, échange fait par les Hospitaliers aux religieux de l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise.

 Les Templiers et les Hospitaliers ne furent pas les seuls seigneurs d'Ivry-le-Temple, comme les chanoines de Saint-Mellon furent les uniques suzerains de la Villeneuve- le-Roy, car il y eut toujours deux ou trois seigneuries indépendantes dans ce village et la principale fut celle de Treigny.

 En 1391, Guillemette de Touffrécal, veuve de Guy de Treigny, donna à l'abbaye de Saint-Martin de Pontoise, sept septiers de blé à prendre dans la grange de Treigny.

 En 1392, Philippe de l'Isle, seigneur de Marivaux, co-seigneur d'Ivry-le-Temple, donne à l'Hôtel-Dieu de Pontoise, 15 septiers de blé, à prendre dans la grange de la seigneurie.

 Enfin, en 1395 et en 1405 on relève dans les comptes des Valois, le nom d'Oudart de Treigny, clerc des comptes et secrétaire financier du Roy Charles VII.

Les temps modernes

 

Comme tous les villages du Vexin, Ivry-le-Temple fut saccagé à la fin de la guerre de cent ans. En 1456, Robert Marescot, curé de la localité, décrit à l'archevêque de Rouen, la triste situation de son église, ruinée par les gens de guerre. A cette époque, Messire Hugues du Fay est Commandeur de la commanderie et seigneur d'Ivry-le-Temple.

 En 1199, Michel des Loges et sa femme Anne Barreau, font un accommodement avec l'abbé de Saint-Martin de Pontoise, pour permettre à cet établissement de prendre, annuellement, une certaine quantité de grains provenant de leurs cultures d'Ivry-le-Temple.

 A la fin du XVIe siecle, Etienne et René Dolu, dont les armes sont d'azur à deux truites adossées d'or, sont co-seigneur du village. En 1603, René de Bucy, seigneur d'Hénonville épouse Magdeleine Dolu, fille d'Etienne Dolu. En 1521, Jehan de Lisle avait institué l'établissement de deux foires annuelles dans le bourg par application d'une ordonnance promulguée par lettres patentes du roy François 1er. En 1685, Louis XIV confirma cette fondation en donnant les tonlieux (impôts sur les marchandises) à Jean-Baptiste Pitard, co-seigneur du village et fils des Pitard de Guigneville.

 Depuis l'époque ou les Templiers devinrent seigneurs de cette localité, il y avait une maladrerie installée au près du bourg. En dépendaient de petits lazarets édifiés à Monneville, au Heaulme, Ruel et à Messelan, qui disparurent pendant la guerre de cent ans. Par lettres patentes datées de juillet 1696, Louis XIV unit cette maladrerie à l'Hôtel-Dieu de Pontoise. Il donna aussi les biens et revenus de la chapelle Saint-Jacques d'Ivry au collège de cette ville. Pierre Bezu, prêtre et chapelain de cette chapelle engagea un procès avec les échevins de Pontoise en s'opposant à cette donation au nom de la "défaute de droit" Il perdit son procès devant le parlement en 1708.

 Les héritiers de Bury-Dolu vendirent leur seigneurie au Président Ogier, grand audiencier de France, qui avait acheté la seigneurie et la terre d'Hénonville. Les héritiers vendirent tous ces biens au Fermier Général Rollin qui devint baron d'Ivry-le-Temple et qui installa la justice du village dans son château.

 Cependant, les anciens sires d'Ivry avaient encore des descendant, car l'un d'entre eux était seigneur du Mesnil Théribus au XVIIIe siècle.

 En 1720, le village d'Ivry-le-Temple comptait 76 feux et 239 habitants.

Le XIXème siècle

 Pendantla révolution, les biens religieux furent réquisitionnés et vendus ainsi que ceux des fermiers généraux. Mais les héritiers Rollin étaient fort riches et ils rachetèrent presque tous les biens ayant appartenu à leurs grands-parents. Ils achetèrent même la presque totalité des biens religieux d'Hénonville et d'Ivry. Vers la fin du XIXe siècle, le dernier descendant des barons d'Ivry se ruina et tous ses biens furent vendus.

 Ce fut le descendant d'un petit cultivateur d'Ivry, M. Batardy, notaire à Paris, châtelain de Marines qui acheta la Commanderie et les biens qui y étaient annexés.